dissabte, 9 de desembre de 2017

Des républicains espagnols à la Chapelle-Launay. Janvier – juillet 1940


http://www.enenvor.fr/eeo_actu/wwii/des_republicains_espagnols_a_la_chapelle_launay_janvier_juillet_1940.html



De janvier 1940 à la mi-juillet de la même année, la 185e Compagnie de travailleurs étrangers (CTE) est présente sur le territoire de la commune de La Chapelle Launay et également sur celui de Savenay, deux villages de Loire-Inférieure – aujourd’hui Loire-Atlantique - situés entre Nantes et Saint-Nazaire. Cet épisode est peu connu et on peut se demander dans quelles conditions ces hommes, ces républicains espagnols, se sont retrouvés en Bretagne, exilés loin de leur pays, dans une période historique particulièrement dramatique.
Compagie de travailleurs étrangers. Musée de la Résistance en ligne / Béatrice Serrano.
Pour le comprendre il faut revenir rapidement sur la guerre d’Espagne qui du 18 juillet 1936 au 1er avril 1939 est le prélude à la Seconde Guerre mondiale. A l’issue de ce conflit, les troupes rebelles du général Franco, appuyées militairement par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, renversent définitivement la jeune république espagnole. Des centaines de milliers d’exilés, civils et militaires arrivent, principalement dans le Roussillon, en l’espace de quelques jours.
Les autorités françaises face à l’afflux de réfugiés
Les autorités françaises n’ont ni anticipé ni prévu l’ampleur de l’exode auquel elles sont confrontées à partir de fin janvier 1939 suite à la chute, le 26 janvier 1939, de Barcelone puis de la Catalogne. Il y a pourtant eu des mouvements antérieurs, notamment lors de l’effondrement du front Nord à l’automne 1937 qui entraîne l’arrivée d’environ 120.000 exilés sur les côtes atlantiques et jusqu’en Bretagne. Les mises en garde, tant de l’ambassadeur de France à Madrid, que des autorités militaires frontalières sont  nombreuses. Albert Sarraut alors ministre de l’intérieur alerte, en avril 1938, le conseil des ministres :
« Le déroulement accéléré des événements d'Espagne peut poser demain au gouvernement français, un problème d'une extrême gravité. Un vaste mouvement de peur, né de la crainte de représailles ou de la menace de la disette, est susceptible de provoquer vers nos frontières l'exode massif de la population catalane. »
En réalité les autorités françaises envisagent et privilégient l’idée que l’accueil puisse être réalisé dans une zone neutralisée du territoire espagnol mais cette option, par ailleurs peu réaliste, se heurte à l’intransigeance des rebelles.
Les exilés sont donc accueillis dans la précipitation et l’improvisation, d’où des conditions particulièrement précaires dans des camps : Argelès-sur-Mer, Le Barcarès, Saint Cyprien, Rivesaltes, Rieucros, Le Vernet-d’Ariège, Bram, Gurs1…  Certains, comme ceux d’Argelès-sur-Mer et de Saint Cyprien, qu’ils vont devoir construire eux-mêmes, ne sont rien d’autre que de vastes quadrilatères de sable face à la mer, délimités par des barbelés.
Le général Ménard commandant la 17e région militaire à Toulouse est nommé en février 1939  pour coordonner la mise en place et le contrôle des camps.
La création des Compagnies de travailleurs étrangers
Confrontées à cette situation, les autorités françaises font dans un premier temps tout pour encourager les retours en Espagne, y compris par la force. Mais ces populations, les hommes en tout premier lieu, constituent une réserve de main d’œuvre que les pouvoirs publics vont utiliser. Pour cela un décret pris le 12 avril 1939 – « décret relatif à l´extension aux étrangers bénéficiaires du droit d´asile des obligations imposées aux Français par les lois de recrutement et la loi sur l´organisation de la Nation en temps de guerre » – jette les bases de l’utilisation de cette force de travail par la création des CTE, les Compagnies de travailleurs étrangers. Ce décret stipule dans son article 1 que les hommes âgés de 18 à 40 ans peuvent être « admis à contracter dès le temps de paix, un engagement dans un corps de l´armée française ». Dans les articles 2 et 3 il est indiqué qu’ils peuvent faire l’objet de réquisitions individuelles ou collectives et que, de 20 à 48 ans, « dans les conditions fixées par les lois de recrutement, [ils peuvent être amenés] à fournir, dès le temps de paix aux autorités françaises, pour une durée égale à la durée du service imposé aux Français, des prestations dont le caractère et le mode d´exécution sont déterminés par décret. […] » .
Carte postale. Collection particulière.
A partir de septembre 1939, la mise en place des CTE s’accélère suite à la déclaration de guerre et ceci pour pallier, notamment dans l’industrie et dans l’agriculture, aux effets de la mobilisation. Cette main d’œuvre fourni également des compagnies utilisées dans les travaux d’infrastructure à vocation militaire, à l’arrière du front. Ainsi de très nombreuses CTE sont envoyées sur et près de la ligne Maginot ainsi que dans les Alpes, dans la zone frontalière avec l’Italie.
Pour illustrer l’importance de cet engagement notons que fin avril 1940 il existe environ 200 CTE où sont regroupés 55 000 réfugiés. 40 000 autres sont directement employés par le ministère du travail dans l’industrie ou l’agriculture et, enfin, 6 000 se sont engagés dans la Légion étrangère ou dans les Régiments de marche de volontaires étrangers. De plus on considère qu’environ 5000 républicains espagnols, membres des CTE – ligne Maginot, poche de Dunkerque – ou des unités combattantes  – notamment la 13e demi-brigade de la Légion Etrangère qui s’illustre à Narvik et dans laquelle de nombreux républicains espagnols s’engagent – trouvent  la mort entre septembre 1939 et juin 1940.
La 185e Compagnie de travailleurs étrangers
La 185e Compagnie de travailleurs étrangers est créée tardivement, vers la mi-janvier 1940, au camp de Gurs2. Celui-ci a une capacité d’environ 18 000 internés et est la troisième « ville » du département, derrière Pau et Bayonne mais loin devant Biarritz, Oloron-Sainte-Marie ou Orthez3. Il reçoit, principalement, trois « types » de populations : les ressortissants basques, les « aviateurs » et les membres des Brigades internationales. On y trouve également des exilés n’appartenant pas à ces trois catégories et originaires de diverses régions d’Espagne, mais essentiellement de Catalogne et d’Aragon. Fin janvier, les brigadistes y sont toujours internés mais il reste relativement peu d’exilés espagnols. La plupart ont été affectés à des CTE déjà constituées. Il faut également noter qu’environ un quart des ressortissants espagnols internés à Gurs est, dans les premiers mois d’existence du camp, rapatrié en Espagne, ce qui montre l’efficacité des pressions exercées par l’administration militaire du camp4.
Une partie des membres de la 185th Spanish Labour Company avec les officiers britanniques. Assis au premier rang - 1er à partir de la gauche : le pilote Miguel Galindo Saura ; 5e: le lieutenant Joaquín Ferrandiz Boj, commandant espagnol de la compagnie ; 7e: le capitaine Smith, commandant de la compagnie ; 8e: le lieutenant Legrand, adjoint du capitaine Smith. Collection Jesús Galindo Sánchez
La 185e CTE est crée en même temps que la 182e – mise à la disposition de la 18e région militaire et détachée à Gurs pour l’entretien du camp –, la 183e et la 184e CTE. Ces deux dernières sont destinées à la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles en Gironde. Elle est mise à disposition du Corps expéditionnaire britannique à la date du 20 janvier 1940. La décision d’intégrer des prestataires issus des CTE à l’AMPC – Auxiliary Military Pioneer Corps – est prise le 27 décembre 1939. Les Britanniques décident en effet d’avoir recours à des unités non issues de leur territoire ou de leurs colonies pour pouvoir faire face aux besoins importants en hommes nécessaires aux activités d’appui de leurs troupes qui combattent sur le théâtre européen. Fin 1939, ces effectifs d’unités de soutien s’élèvent à 18 600 hommes et on estime que pour l’année 1940 les besoins doivent atteindre 220 000  individus5.
Le Corps expéditionnaire britannique sur la zone
Les premières unités britanniques arrivent à La Chapelle-Launay en octobre 1939. Dès le 1er octobre, le préfet de Loire-Inférieure, en exécution des prescriptions de la loi du 11 juillet 1938 sur l’organisation de la nation en temps de guerre, prend des mesures de réquisition portant sur l’abbaye de Blanche-Couronne et sur le château qui la jouxte6. Il s’agit de vastes bâtiments appartenant à Messieurs Garcion, Lelièvre et Petel, susceptibles de pouvoir accueillir de nombreuses troupes.
Aux archives municipales de Savenay7 on trouve la trace explicite de la présence sur le territoire de la commune de deux compagnies de l’AMPC. La compagnie n° 4 Railway Labour Company commandée par le major Hooker qui, à partir de novembre 1939, devient la 13ecompagnie de l’AMPC et la 31e compagnie de l’AMPC commandée par le major Bostock. On trouve également mention de deux autres compagnies, la 8e commandée par le capitaine Taylor et la 9e. La 4e et la 13e sont rattachées au groupe n° 7 de l’AMPC. La 8e et la 31e le sont au groupe n° 4, groupe auquel appartient également la 12e compagnie. La 9e, quant à elle, fait partie du groupe n° 3 de l’AMPC8.
L’intégration et l’implication de la 185e CTE
Sans apparaître dans l’organigramme, la 185e CTE se trouve également rattachée au groupe n° 4. Cette « omission » est due au fait que cette compagnie de prestataires espagnols est sous tutelle des autorités françaises, conformément aux dispositions du décret du 12 avril 1939. C’est le capitaine britannique RD Smith qui la commande et sa dénomination devient alors la 185th Spanish Labour Company. Côté espagnol, ces 250 hommes sont sous la responsabilité du lieutenant d’aviation Joaquín Ferrándiz Boj.
Dans plusieurs ouvrages en langue espagnole9  on trouve mention de la 185e CTE et de son implication au service du Corps expéditionnaire britannique. La dernière référence en date est particulièrement intéressante dans la mesure où elle recueille le témoignage direct de Miguel de Miguel Montañes10, un des protagonistes, encore en vie, de cette compagnie.
Dans un premier temps, les hommes de la 185e CTE sont logés dans des wagons puis ils le sont à l’abbaye de Blanche-Couronne, sur le territoire de la commune de La Chapelle-Launay. Ils sont essentiellement utilisés pour des travaux de construction de hangars et de tronçons de voies ferrées en vue d’établir les dispositifs logistiques nécessaires au ravitaillement – vivres, habillement, matériel … – des troupes combattantes proprement dites. Ils sont organisés en 10 sections de 25 hommes afin de garantir une plus grande souplesse dans leur utilisation. Ils interviennent principalement au camp de La Berthelais (camp Est, La Chapelle-Launay) mais aussi à la base britannique de Savenay à La Touchelais (camp Ouest).
Les témoignages de plusieurs protagonistes font état de bonnes relations entre les prestataires espagnols et les britanniques. Par exemple Miguel de Miguel Montañes et Emilio Borrás Castell, qui ont connu les camps d’internement d’Argelès-sur-Mer, de Saint-Cyprien et de Gurs apprécient particulièrement leurs conditions de vie au service du Corps expéditionnaire britannique11.
Groupe de réfugiés espagnols de la 185e CTE devant les wagons qui leur servent de lieu d’hébergement. Au premier plan et de gauche à droite : l’interprète de la CTE – le lieutenant Joaquín Ferrándiz Boj – inconnu – Antonio Nieto Sandoval Díaz pilote chef de la 3e escadrille de chasseurs Polikarpov I-15. Collection particulière.
Une fois ces travaux d’infrastructure terminés ils participent au déchargement des convois qui arrivent par voie maritime jusqu’à Saint Nazaire puis sont acheminés de jour comme de nuit12, par train ou par camions, au pied des hangars. Les compagnies britanniques proprement dites effectuent le même type de travail, ce qui contribue à tisser des liens d’amitié entre ces hommes, jeunes pour la plupart. Ils perçoivent une paye hebdomadaire de 50 francs13.
Des familles se reconstituent
A partir du 27 février 1940 et jusqu’au 19 mai arrivent, en ordre dispersé, à La Chapelle-Launay, des femmes et des enfants exilés espagnols. Elles sont logées en différents endroits de la commune : Le Bourg, La Guyonnière, l’Hôtel Fourré, le Goulet, Le Landron…14 . 19 femmes et 22 enfants en bas âge sont répertoriés aux archives de La Chapelle-Launay. En fait il s’agit des épouses et des enfants de certains des travailleurs de la 185e CTE qui ont réussi à rejoindre leurs maris. En effet à leur arrivée en France en février 1939, la règle édictée par les autorités françaises  est de séparer les familles : les hommes sont enfermés dans les camps d’internement tandis que les femmes, les enfants et les hommes âgés sont dispersés sur l’ensemble du territoire national. Malgré les difficultés, les liens ne sont pas perdus et, lorsque la situation le permet, des regroupements de familles interviennent. C’est ce qui se passe à La Chapelle-Launay, ce qui est du reste confirmé par des témoins de l’époque15.
La 185e CTE dans la vie locale
Ces 250 républicains espagnols qui se trouvent dans ces petits villages, dans un contexte de relative liberté, côtoyant des membres britanniques de l’AMPC, ont des contacts suivis avec la population. Des amitiés se nouent. Les bars, nombreux à l’époque, qui souvent cohabitent avec de petits commerces – épiceries, boucheries, charcuteries – où il est possible de se ravitailler, sont des lieux privilégiés. Après le travail et les dimanches, ils s’y retrouvent et partagent, autour d’un verre, les chants de leurs pays respectifs. Des rencontres de football sont organisées entre des équipes locales françaises, des équipes espagnoles et des britanniques. La presse locale, notamment L’Ouest-Eclair, s’en fait l’écho.
Moments de détente au bord du lac de Savenay. A gauche Miguel de Miguel, à droite Joaquín Ferrándiz, au centre deux soldats britanniques. Archives ADAR (Association des Aviateurs de la République)
Le départ des britanniques et l’arrivée des troupes allemandes
Lors de l’avancée des troupes allemandes sur l’ouest de la France, le repli des unités britanniques de la zone et leur évacuation par le port de Saint Nazaire16 est organisé. Elles quittent le camp de La Berthelais à La Chapelle-Launay le dimanche 16 juin 194017Le drame du paquebot Lancastria qui se traduit par la mort d’environ 6000 hommes reste un épisode particulièrement dramatique du rapatriement du Corps expéditionnaire britannique : le navire qui évacue les troupes est coulé au large de Saint Nazaire par l’aviation allemande dans l’après-midi du lundi 17 juin 1940.
Le témoignage de Miguel de Miguel Montañes est très important pour comprendre quelle est l’attitude des prestataires espagnols dans ces moments si difficiles. Peu avant leur départ, le capitaine Smith confie à un petit groupe d’Espagnols, dont Miguel de Miguel, la mission de détruire, avec de l’acide, les uniformes britanniques stockés dans les hangars. Cette précision correspond au témoignage de Madame Suzanne Viaud-David18. Abandonnés par les Britanniques et livrés à eux-mêmes les prestataires espagnols optent pour différentes solutions.
Un petit groupe décide de tenter un départ vers l’Angleterre et le réussit
Nous savons grâce aux livres de Daniel Arasa et de Antonio Grande que 16 téméraires, après avoir revêtu des uniformes britanniques, car tous n’ont pas pu être détruits, font route vers Saint-Nazaire. Dans l’esprit de ces hommes, l’arrivée des Allemands, dont ils ont eu à souffrir de l’implication dans la guerre d’Espagne, représente certainement un risque majeur. Emilio Borrás Castell livre son témoignage à Daniel Arasa :
« C’était le 18 juin. Nous avons revêtu des uniformes britanniques et nous nous sommes dirigés vers Saint-Nazaire. En arrivant au port nous avons constaté, désespérés, que près de sa sortie se trouvaient les derniers bateaux d’un convoi qui venait d’appareiller. Nous avons crié en agitant les bras et, de façon inespérée, un des bateaux a fait marche arrière pour venir nous récupérer. Un canot est venu vers nous et nous avons grimpé à bord du navire par une échelle de corde située à bâbord. Il s’agissait d’un bateau polonais, le Lechistan immatriculé à Gydnia, dont les passagers étaient presque tous des officiers et sous-officiers polonais. Nous sommes arrivés à Plymouth après une traversée très mouvementée car, malgré l’imposante escorte de navires de guerre, les sous-marins de Dœnitz réussirent à couler plusieurs bâtiments du convoi. »
Nous connaissons l’identité de certains de ces hommes qui le 20 juin accostent à Plymouth : Antonio Grande Catálan, Emilio Borrás Castell, Joaquín Cardenal Atence, Jesús Velasco,… En Angleterre quinze parmi ces seize hommes s’enrôlent dans la Spanish Number One Company" et reviennent sur le théâtre européen en débarquant à port Mulbery, au large d’Arromanches, le 13 août 1944.
Un autre petit groupe décide de tenter un départ vers l’Angleterre et échoue
C’est le cas du pilote Antonio Llorens White19 qui depuis Blanche-Couronne part avec un autre groupe dans un camion. L’itinéraire choisi s’avère désastreux ainsi que l’on peut le constater en lisant le récit qu’Antonio Llorens fait à Daniel Arasa et que celui-ci rapporte dans son livre :
« Notre camion se dirigea vers le nord afin d’embarquer dans un port plus proche de l’Angleterre mais les routes étaient encombrées par l’armée française qui se repliait en désordre harcelée par l’aviation allemande et par des matériels de guerre abandonnés ou détruits. Je décidais de fuir seul et dans ma marche je tombais sur un véhicule abandonné avec pas mal d’essence dans le réservoir. Je court-circuitais le démarreur  et je repris la direction du monastère d’où j’étais parti et je restais sur place. Les Allemands arrivèrent quelques jours plus tard. »
A partir de fin juin Antonio Llorens connaît le même sort que ses camarades restés à Blanche-Couronne.
La plupart restent sur place
La grande majorité des prestataires de la 185e CTE, ne sachant où aller, reste sur place. Quelques uns, dont Miguel de Miguel Montañes, sont cachés par les habitants. Il l’est avec deux camarades dans un grenier situé au-dessus du commerce – charcuterie/bar – de Madame Eugénie Allain, dans le bourg de La Chapelle-Launay.  Dans le livre Atrapados, Miguel précise :
« Dans ce petit village, moi et deux autres camarades fûmes cachés par une famille française propriétaire d’un bar où nous allions de temps en temps en fin d’après midi. Cette famille nous hébergea dans un grenier. »
Mais cette cache n’est que temporaire. Le Maire de La Chapelle-Launay, obéissant à des ordres qui certainement viennent de la préfecture, convoque l’ensemble des membres de la 185e CTE qui sont rassemblés sur la place du village. Miguel de Miguel rapporte :
« Le Maire de La Chapelle nous a tendu un piège. Il a convoqué tous les Espagnols sur la place du village et là les Allemands ont profité de l’occasion pour les arrêter. Mais moi je n’y suis pas allé et mes deux amis non plus. J’ai vu comment les Allemands les emmenaient en file par trois. Le capitaine Ferrándiz marchait devant. »
Travaux d’infrastructure réalisés par la 185e CTE sur le territoire de la commune de La Chapelle-Launay. En bleu : tronçons de dessertes ferroviaires – En rouge : hangars pour le stockage du matériel destiné aux troupes du Corps Expéditionnaire Britannique. D’après un relevé communiqué par Monsieur Michel Bodin.
Ce témoignage de première main est confirmé par un autre prestataire, Víctor Modrego Ávila. Dans un courrier qu’il adresse en 1956 au Maire de La Chapelle-Launay et qui se trouve aux archives de la ville, il demande un justificatif pour son arrestation :
« Je soussigné Víctor Modrego Ávila, réfugié politique espagnol ayant appartenu à la Compagnie militaire au service des alliés, résidant à La Chapelle Launay :
185th SPANISH LABOUR CO.
n°4 GROUP, AMPC
du 2 février 1940 jusqu’à l’invasion allemande où je fus fait prisonnier sur la place du pays et mis dans les camps de concentration de La Chapelle Launay (camp que nous avons construit).
Je vous demanderais de bien vouloir me faire un certificat attestant mon arrestation par les Allemands à la Chapelle Launay au mois de juin 1940. »
Les Espagnols sont enfermés au camp de La Berthelais. Malheureusement il n’y a pas de trace de ces hommes dans les listes de prisonniers du Frontstalag 182 conservées aux archives du service historique de la défense à Caen20.
Epilogue
Ces hommes ne restent que peu de temps à La Berthelais. Par décision des autorités françaises21, ils sont renvoyés en Espagne et remis aux autorités franquistes. Ils arrivent à Irún le 16 juillet 1940 et sont internés dans le camp de concentration de Miranda de Ebro, situé dans la province de Burgos22. Ce camp est créé pendant la guerre d’Espagne, au début de l’automne 1937, et il est le dernier à fonctionner en Espagne, où il reste en service jusqu‘en février 1947.
De Miranda de Ebro, ils sont transférés, le 2 août 1940, au camp de tri Miguel de Unamuno à Madrid. Nous avons identifié six républicains espagnols de la 185e CTE qui connaissent ce sort. Ce sont: Miguel Galindo Saura, Miguel De Miguel Montañes, Antonio Nieto Sandoval, Joaquín Ferrándiz Boj, Antonio Llorens White et Víctor Modrego Ávila. Ces six hommes, pour lesquels il existe des traces et pour lesquels nous avons des témoignages, sont envoyés dans des bataillons disciplinaires de travailleurs, dont le n° 94 à Larrache au Maroc alors espagnol. Certains sont jugés par les tribunaux franquistes et condamnés à des peines d’emprisonnement. Par exemple Joaquín Ferrándiz Boj est condamné à 12 ans de prison. Cependant il sera placé en liberté conditionnelle le 14 janvier 1942.
Luis GARRIDO OROZCO





1 Pour le camp de Gurs, les terrains - 80 hectares - sont réquisitionnés par le ministère de l'Intérieur le 15 mars 1939. L'ingénieur des Ponts et Chaussées de l'arrondissement est chargé de sa construction qui débute le 15 mars et se termine le 25 avril, date à laquelle 15 000 hommes y sont déjà internés. En moins de six semaines, a ainsi été érigée une ville de 428 baraques, avec une capacité d'accueil de 18 000 personnes.
2 La date d’affectation de la 185e CTE est le 20 janvier 1940 : voir archives des CTE au Service historique de la Défense à Vincennes.
3 LAHARIE, Claude, Gurs : 1939-1945 Un camp d’internement en Béarn, Biarritz, Atlantica, octobre 2005.
4 LAHARIE, Claude, op. cit., p. 27.
5 ARASA, Daniel, Los españoles de Churchill, Armonia, janvier 1991.
6 Archives municipales de La Chapelle-Launay.
7 Archives municipales de Savenay : H19 à H28 – 2e guerre mondiale.
8 Voir la page du site Internet animé par Leo Niehorster : http://www.niehorster.org/017_britain/40-05_bef/bef_loc__nantes_ampc.html
9 ARASA, Daniel, op.cit; GRANDE CATÁLAN, Antonio, Number One Spanish Company – Memorias de Antonio Grande, Ecu Narrativa, 2002; LLOR, Montserrat, Atrapados, Crítica, 2016.
10 Miguel de Miguel Montañes est né le 7 juillet 1921 à Abálate del Arzobispo dans la province de Teruel. A ce jour il réside dans une maison de retraite de Santander. L’auteur de cet article est en contact suivi, par courrier et par téléphone, avec Miguel depuis septembre 2016. Il a apporté de nombreuses précisions sur son séjour à La Chapelle-Launay avec la 185eCTE.
11 ARASA, Daniel, op.cit., p.15. Emilio Borrás Castell témoigne : " […] nous nous sentions très heureux avec les anglais qui nous traitaient beaucoup mieux que ne l’avaient fait les Français. Nous mangions bien […]". Ce témoignage traduit le ressentiment de la très grande majorité des exilés républicains envers l’accueil dont ils avaient fait l’objet de la part des autorités françaises. Pour eux, ils ne s’agissaient pas de camps d’internement mais de camps de concentration. Ce terme d’ailleurs était très largement repris par la presse de l’époque. Albert Sarrault ministre de l’Intérieur déclara en février 1939 lors de sa conférence de presse à l’issue d’une visite à Argelès : « Le camp d’Argelès ne sera pas un lieu pénitentiaire mais un camp de concentration. Ce n’est pas la même chose ». Dans Atrapados,Miguel de Miguel Montañes dit à propos du camp de Saint Cyprien : « Ce fut terrible. Nous avions énormément faim, après avoir jeuné plusieurs jours nous eûmes droit à un pain rond à partager entre 25 camarades. Ce fut très dur, nous n’avions qu’un tout petit morceau chacun. » Sur l’expression « camp de concentration », se rapporter au classique WIEVIORKA, Annette, « L’expression camp de concentration au XXe siècle », Vingtième siècle, Revue d’histoire, n°54, avril-juin 1997, p. 4-12.  
12 GRANDE CATALAN, Antonio, op.cit., p. 54.
13 Information communiquée par Miguel de Miguel au cours d’une conversation téléphonique.
14 Archives municipales La Chapelle-Launay.
15 Témoignages de Donatien Lelièvre et de Paul Judic recueillis par l’auteur.
16 L’évacuation se fit dans le cadre de l’opération Ariel qui du 15 au 25 juin permit le rapatriement des troupes alliées de Cherbourg à Saint-Jean-de-Luz.
17 Le témoignage de Madame Suzanne Viaud-David recueilli dans la revue du groupe d’histoire locale de Savenay, Savenay dans la poche de Saint Nazaire 1944-1945, p. 43 est le suivant : «  […] Un dimanche après-midi de juin 1940, nous avons assisté au départ, à la débâcle des Anglais. […] ». JUDIC, Paul, « Un camp anglais à La Chapelle-Launay (1939-1940) », Histoire et mémoires locales, départementales, régionales, n° 35, premier semestre 2011, p. 89. Monsieur Paul Judic, âgé de 11 ans à l’époque, écrit : « […] Le dimanche 12 juin à la sortie des vêpres un camarade me dit :les Anglais s’en vont et abandonnent tout ! […] ». En fait il commet une erreur de date, il s’agit du dimanche 16 juin.
18 Témoignage dans Savenay dans la poche de Saint Nazaire 1944-1945, p. 43 : « Après avoir répandu un peu d’acide pour détruire les stocks de matériel, ils ont tout abandonné sur place […] ».
19 Antonio Llorens White est né le 26 mai 1916 à Villar el Arzobispo dans la province de Valence. Il a suivi sa formation de pilote en URSS à Kiovabad ; à la fin de la guerre d’Espagne il pilote un chasseur Polikarpov I16. Renvoyé en Espagne en juillet 1940 comme la plupart de ses camarades de la 185e CTE, il est condamné à deux ans de prison pour « appui à la rébellion ». C’est ainsi que les tribunaux franquistes qualifient ceux qui avaient défendu la légalité républicaine (Dossier 1-941 relatif au jugement de Antonio Llorens White / Archives de l’Armée de L’air – Villaviciosa de Odón) J’ai retrouvé la famille d’Antonio – trois fils : ils résident à Benicarló dans la province de Castellón.
20 Les listes où sont mentionnés les noms des prisonniers ne sont constituées qu’à partir de novembre 1940 et ce jusqu’à avril 1941 : listes cotées AC 22P 937 et AC 22P 938.
21 Déposition du lieutenant Joaquín Ferrándiz Boj à son arrivée à Miranda de Ebro (Dossier 700-940 relatif au jugement du lieutenant  Joaquín Ferrándiz Boj / Archives de l’Armée de L’air – Villaviciosa de Odón). Cette affirmation est d’une certaine façon corroborée par le témoignage de Monsieur Donatien Lelièvre qui se souvient des gardes mobiles qui accompagnaient le convoi à son départ de Savenay.
22 On peut se poser la question du sort réservé aux autres CTE se trouvant sur la zone : 56e CTE mise à disposition de l’Armée de l’Air à Bouguenais ; 177e et 178e CTE mises à la disposition de la SNCF à Nantes ; 181e CTE mise à disposition de la Chambre de Commerce de Saint-Nazaire. On peut raisonnablement penser qu’il fut identique et que tous ces hommes furent renvoyés en Espagne.

Franco gastó en Meirás más de 3,5 millones de euros en obras pagadas con fondos públicos


http://www.publico.es/sociedad/franco-gasto-meiras-3-5-millones-euros-obras-pagadas-fondos-publicos.html

El dictador también puso a su nombre tierras expropiadas a vecinos de la aldea y pagadas con dinero del Estado, para arrendarlas luego a otros campesinos que abonaban la renta en mano a los guardias civiles del pazo


El Pazo de Meirás en A Coruña. EFE

Francisco Franco desvió más de 3,5 millones de euros de dinero del Estado para sufragar obras en su residencia veraniega de Meirás. El inmueble, ubicado en el municipio coruñés de Sada, se adquirió con dinero expoliado a los ayuntamientos e instituciones públicas y a vecinos y trabajadores de la provincia, a quienes el franquismo coaccionó para que donaran dinero en una falsa cuestación popular ideada para regalarle el palacete y varias hectáreas de fincas, algunas de ellas robadas a campesinos de la zona.
Así lo desvelan Carlos Babío y Manuel Pérez Lorenzo en Meirás. Un paz. Un caudillo. Un espolio, el libro que desvela cómo urdió Franco la trama para hacerse con el palacete que fuera propiedad de la aristócrata e intelectual Emilia Pardo Bazán, y cómo fue tejiendo alrededor de él, y en colaboración con las élites políticas, económicas y mediáticas de A Coruña, una eficaz red corrupta destinada a enriquecerse y a engordar su patrimonio y el de su familia.
Durante toda la dictadura, entre 1944 y 1975 y a través de su Casa Civil, Franco ordenó ejecutar con cargo al erario público numerosos trabajos de mejora y mantenimiento en su residencia veraniega, que desde su muerte disfrutan sus herederos pese a las reiteradas reclamaciones para que la devuelvan.
Camufladas bajo el presupuesto de los servicios de seguridad del Jefe del Estado, le permitieron acometer numerosas obras de mejora y mantenimiento de lo que figuraba como una propiedad privada a su nombre. Desde la construcción y cuidado de una pista de tenis hasta las ampliaciones del inmueble y la instalación de nuevas estancias, la sustitución y reparación de suelos, ventanas y cocinas, las revisiones y arreglos del tendido eléctrico, la construcción de depósitos y canalizaciones de agua, el traslado e instalación de enseres, antigüedades y obras de arte...
Según la documentación que los investigadores presentan en el libro, desde el año 1944 se ejecutaron trabajos en el Pazo de Meirás por valor de más de 220 millones de pesetas. Aplicando a cada gasto y anualidad la corrección del Índice de Precios al Consumo (IPC) mediante el instrumento de actualización de rentas del Instituto Nacional de Estadística (INE), esa cantidad se convertiría hoy en más de 573 millones, es decir alrededor de 3,5 millones de euros.
A esa cifra habría que añadir las 415.000 pesetas en los que se escrituró la compra del Pazo y las más de 700.000 que se gastaron en su reforma inicial antes de entregársela Franco, que representarían hoy unos 380.000 euros y que se costearon con los presupuestos de varias administraciones públicas y con el dinero que recaudó bajo amenazas la Junta Pro Pazo, fundada por las élites coruñesas para gestionar el expolio. Además, se trata de una estimación a la baja porque las obras documentadas que los investigadores han podido contrastar entre 1944 y 1975 son muchas menos de las que realmente se hicieron. Y la cifra se elevaría también considerablemente si se le pudiera aplicar la corrección del IPC al período anterior a 1954, para el que el INE no dispone de actualizaciones.
El dictador llego a cargar al presupuesto del Ministerio del Ejército la sustitución de un urinario y la renovación del tejado de un gallinero
Lo cierto es que Franco empezó a gastar dinero público en Meirás en plena guerra, siguió haciéndolo en los años inmediatamente posteriores con toda España padeciendo la hambruna de posguerra, y mantuvo el hábito durante todo su mandato. De hecho, algunos de los trabajos más onerosos los realizó en sus últimos años de vida, cuando se cargó al presupuesto del Ministerio del Ejército hasta la sustitución del urinario del aseo de su dormitorio o la renovación del tejado del gallinero de la granja aneja al pazo, que explotaba una empresa de su propiedad.
Uno de los primeros gastos para una obra de cariz claramente privado y cuyo coste no ha podido ser documentado, aunque sí que provenía del dinero recaudado por la Junta Pro Pazo y de otras cuestaciones de carácter militar que el franquismo puso en marcha para financiar los gastos de la guerra, fue la construcción de O paciño, una casa de juegos para uso y disfrute de Carmen Franco Polo. La hija del tirano, que contaba entonces once años de edad, tiene hoy 91 y sigue siendo la propietaria del inmueble robado que heredó, y que ella y sus descendientes siguen utilizando y gestionando a través de la Fundación Nacional Francisco Franco.
A partir de 1944, el dictador, su familia y su círculo más próximo fueron ordenando otras obras destinadas al mantenimiento y mejora del Pazo, que cuenta con una superficie habitable de más de 2.000 metros cuadrados y varias construcciones aledañas. Muchas de ellas se camuflaron dentro de los presupuestos anuales para la construcción de un acuartelamiento que alojaba a la guardia particular del jefe del Estado, aunque poco tenían que ver con eso. Precisamente, ese acuartelamiento fue construido en terrenos expoliados a un vecino de la zona, que se adquirieron con dinero público pero que se inscribieron a nombre de Franco. Sus herederos vendieron esas parcelas años después de su muerte, en un jugoso negocio dado el incremento de valor que experimentaron cuando el entonces alcalde de Sada, Ramón Rodríguez Ares, del Partido Popular, facilitó una recalificación urbanística para que se pudiera construir en ellos.
Pero la familia Franco no sólo derivaba dinero público para el mantenimiento de su residencia estival, a veces disfrazándolo de regalo –el Ayuntamiento de Ferrol, la ciudad natal del general, pagaba anualmente y hasta 1975 el Impuesto de Bienes Inmuebles correspondiente-. También empleaba en ella a funcionarios públicos. Eran los jardineros del Ayuntamiento de A Coruña los que cuidaban bosques y jardines –a la muerte de Franco el Pazo contaba con el doble de su superficie inicial gracias al expolio y a las expropiaciones forzosas pagadas con dinero del Estado-.
Los Franco llegaron a crear la figura de los guardias civiles hortelanos, dedicados a gestionar la explotación agropecuaria del pazo
Los proyectos de reforma y nueva planta los diseñaban, presupuestaban y ejecutaban los arquitectos e ingenieros del Ejército con cargo a la Comandancia de Obras de A Coruña, que dirigían directamente sus propuestas al secretario personal de Franco, Ricardo Catoira Garaboa. También era el personal de la Diputación el que adecentaba las carreteras que estaban a nombre de esa institución, pero que se registraron a nombre de Franco en una de las ampliaciones del Pazo y que siguen perteneciendo hoy a la familia, y eran operarios de esa institución los que extrajeron y trasladaron toneladas de arena de la cercana playa de Mera, sin coste alguno para el beneficiario, que pudo alfombrar así la senda de entrada al palacete al modo en que gustaba a su mujer, Carmen Polo.
Incluso se creó la figura de los guardias civiles hortelanos, los números de la Guardia Civil dedicados a gestionar la explotación agropecuaria del pazo, con la que los Franco se lucraron mediante la empresa Pazo de Meirás. Productos de la Huerta. Esa sociedad se nutría además de semillas, ganado y materiales enviados por el Ministerio de Agricultura y por otras empresas públicas.
También eran los guardias civiles los que cobraban a los campesinos de Meirás la renta por las tierras que Franco les arrendaba después de apropiárselas mediante expropiaciones forzosas a otros vecinos de la zona. Se trataba den un procedimiento habitual para extender sus posesiones en el que utilizaba todos los recursos del Estado necesarios para satisfacer sus intereses pecuniarios privados.
Así, tal y como explican Carlos Babío y Manuel Pérez Lorenzo, la Casa Civil del dictador compró con dinero público a una vecina una casa y alrededor de 4.600 metros cuadrados de terreno que necesitaba para permutar parte de la finca con la de otro vecino que tenía una casa que lindaba con el límite sur del Pazo de Meirás, y con la que Franco se había encaprichado hacía tiempo. La Casa Civil puso 1.714 metros cuadrados de esa finca a nombre del vecino, y casi 2.900 a nombre del tirano, quien se los arrendó a una familia campesina. Mes a mes, los guardias civiles hortelanos se encargaban de cobrar la renta en mano.


dimarts, 5 de desembre de 2017

MEMORIA Y DIGNIDAD EN EL "PAREDÓN DE ESPAÑA". Matías Alonso Blasco | Coordinador Grupo Para La Recuperación De La Memoria Histórica.

http://www.levante-emv.com/opinion/2017/12/05/memoria-dignidad-paredon-espana/1650957.html


05.12.2017 | 17:58
El Grupo para la Recuperación de la Memoria Histórica ha cumplido 15 años en el seno de la Fundación "Societat i Progrés" y no puede menos que expresar su satisfacción por dos hitos que marcan un antes y un después en el memorialismo valenciano: uno de ellos es la entrada en vigor el próximo día 11 de la Ley de la Memoria Democrática Valenciana, empeño valiente que pondrá las cosas en su sitio en una Comunidad donde hasta la fecha no había nada regulado más allá de los Reglamentos de Policía Mortuoria, disposiciones arqueológicas o la Ley de la Memoria Histórica de Zapatero, gracias a la cual podemos realizar las exhumaciones practicadas en la Comunidad Valenciana hasta la fecha.
Por otra parte, es muy importante que Pedro Sánchez presentase en Paterna su nueva Ley de Memoria Histórica tras meses, como la Ley valenciana, de diálogo con memorialistas y juristas como Baltasar Garzón, Martín Pallín o Eduardo Ranz. Nadie como los socialistas para saber de las carencias y lagunas de la Ley actual; Zapatero la creó y muchos socialistas la han practicado (y a veces, sufrido) sobre el terreno€ pero esta vez se ha contado con nosotros para solucionar estas carencias; como memorialista y también como socialista adelanto mi satisfacción por ello; las dos leyes tendrán un Cuerpo Sancionador para enseñar a todos que la hostilidad e insumisión contra las leyes vigentes y el respeto a la Memoria de los demócratas, ahora sí tendrá consecuencias.
Las dos introducirán la Memoria democrática en todos los niveles educativos, tratarán con firmeza democrática y autoridad la retirada de simbología y honores al franquismo, harán que sean las Instituciones quienes cumplan con la investigación, exhumación y entrega a sus familias de los restos de los desaparecidos por el franquismo, acatarán y pondrán en práctica los compromisos internacionales contraídos por España en materia de Derechos Humanos€ es decir, con ellas España ingresará en la normalidad democrática europea en materia de Memoria y DD.HH.
Felicitamos a Pedro Sánchez por el escenario elegido para presentar la nueva Ley de la Memoria estatal; el "Paredón de España" fue una máquina de matar donde sacrificaron a 2.238 republicanos de todos los credos (también socialistas) y lugares, el segundo lugar de España donde más demócratas fusilaron cuando ya no había guerra ni bando alguno más allá del de los vencedores.
Apreciamos que quien puede ser un día Presidente del Gobierno tome contacto con esta dura realidad escuchando a familiares que sufrieron las angustias que aquellas carencias ocasionan, dando fe y apoyándole para superar entre todos las lagunas de una ley buenista que se pasan por el forro a diario l@s insumis@s contra los valores y la Memoria Democrática sabiendo de antemano su impunidad, haciendo de la Memoria enfrentamiento en lugar de punto de encuentro y reconciliación.
¿Estarán las otras izquierdas a la altura? Quienes conocieron vivos a los desaparecidos no pueden esperar más para cerrar su herida; no los frustremos de nuevo haciendo naufragar esta Ley en el Congreso.
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Boix: En el archivo del terror del preso número 5.185



http://www.larazon.es/cultura/boix-en-el-archivo-del-terror-del-preso-numero-5-185-LH17106814




LA RAZÓN accede a los fondos documentales del hombre que salvo las imágenes con las que se condenó al nazismo en Núremberg

Francesc Boix con su cámara en el campo de Mauthausen

Víctor Fernández

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    En una sociedad como la nuestra, en la que la imagen toma el control de todo, incluso de las palabras, resulta todavía doloroso ver las imágenes de terror, la constatación de toda la barbarie provocada por el nazismo, una herida que nunca cicatrizará. Por eso, cualquier reconocimiento a los héroes que pudieron testimoniar el Holocausto merecen nuestro reconocimiento. En ese grupo está Francesc Boix.
    Es uno de los principales tesoros en los fondos documentales del Museu d’Història de Catalunya. Uno de los responsables del archivo en el museo le advierte a este diario que «los originales no podrá verlos. Ni siquiera yo mismo los he podido ver en el tiempo que llevo aquí. Se guardan en una cámara a una temperatura adecuada para su conservación». Son los negativos que cuentan una de las principales tragedias de nuestro tiempo y que se guarden a buen recaudo es fundamental. Eso es lo que hace que el autor de estas líneas tenga que contentarse con acceder al archivo de Francesc Boix gracias a un ordenador del museo en el que con cierta dificultad van apareciendo decenas y decenas de fotografías, imágenes que cubren los crímenes que los nazis realizaron en el campo de concentración de Mauthausen, así como la liberación del mismo por los aliados.
    A medida que avanzamos en la búsqueda, el técnico del museo nos va señalando, como si se tratara de un paseo por el terror, escenas de la vida cotidiana en Mauthausen, como los momentos en el que los presos ucranianos que trabajaban de picapedreros realizaban sus ejercicios de gimnasia. Son casi esqueletos con la cabeza rapada y que tratan de sobrevivir en un decorado en el que lo habitual era la muerte. Más descarnadas son las instantáneas con las que las SS documentaban los asesinatos de aquellos que se aventuraban a escapar, cadáveres tirados en la nieve y junto a la verja del campo de concentración.
    En el ordenador del museo también aparecen los oficiales de las SS tomando el sol en el campo, descansando después de una dura jornada poniendo en marcha el asesinato masivo de numerosos inocentes. Franz Ziereis sonríe a la cámara apoyándose contra los muros del campo mientras al fondo se divisan las torres por las que entran los presos. También vemos los hornos crematorios con restos de los cuerpos que se han intentado hacer desaparecer. Es un catálogo de horrores, de los peores crímenes.
    En père lachaise
    El pasado 16 de junio, el cementerio parisino de Père Lachaise recibía los restos mortales de Boix para ser inhumados junto con otras personalidades como Oscar Wilde, Marcel Proust o Édith Piaf. La alcaldesa de la capital francesa Anne Hidalgo presidió un acto que sirvió de alguna manera para homenajear al fotógrafo desaparecido prematuramente –a los 30 años–, miembro del Partido Comunista y, por encima de todo, memoria gráfica del campo de concentración de Mauthausen-Gusen. Su figura vuelve a la luz gracias a la película que en estos días se está rodando sobre su aventura personal durante la Segunda Guerra Mundial. «El fotógrafo de Mauthausen», dirigida por Mar Targarona, es una producción que cuenta con Mario Casas en el papel de Boix. Hace unas semanas, el actor aseguraba a LA RAZÓN que el personaje le parecía «un regalo», alguien que puede verse como un superhéroe «sin máscara».
    Y la impresión es cierta cuando nos referimos al hombre que fue testimonio gráfico de los mayores crímenes de la historia de la humanidad. En el Museu d’Història de Catalunya, en Barcelona, se conservan los documentos fotográficos que forman parte del legado de Boix. Son centenares de negativos que guardan momentos de la historia tras el final de la gran guerra, cuando París intenta volver a la normalidad política y cultural. Pero si el legado de Boix es conocido y reconocido es por las imágenes de Mauthausen.
    El hijo de un sastre del barrio barcelonés de Poble-Sec simpatizó desde joven con la fotografía, una afición que le había inculcado su padre. El golpe de Estado de Franco lo trastocó todo y el joven Francesc Boix no dudó en irse al frente como voluntario republicano. Y allí se fue como fotógrafo, captando los desastres de la guerra en el frente de Aragón. Según la historiadora Rosa Toran, Boix «no fue un héroe. Su trayectoria era la propia de un chico inquieto inmerso en el ambiente especial que vivió su ciudad natal, Barcelona, y su barrio, el Poble Sec, en los años republicanos, durante su etapa de paz y de guerra».
    Tras el triunfo de las tropas de Franco, fue uno más de los muchos republicanos que se vio obligado a exiliarse. Fue uno de esos refugiados que quería huir de un horror para encontrarse con otro. A medida que el yugo del nazismo se extiende más allá de Alemania, los españoles que viven o, mejor dicho, sobreviven en los campos de internamiento franceses acabarán luchando y colaborando con la resistencia. Otros son capturados y enviados a campos de concentración, a las factorías de la muerte ideadas por los incondicionales de Hitler. Boix será uno de los que tendrán esa mala suerte, uno de los españoles a los que abandonó Franco con la venia del cuñadísimo Ramón Serrano Suñer.
    En un convoy formado por 1.506 republicanos españoles viajó durante dos días Boix hasta Mauthausen, a donde llegaron el el 27 de enero de 1941. El muchacho de 21 años dejó de ser un hombre para convertise, a ojos de las autoridades nazis, en un número más, concretamente el 5.185, declarando para su ficha que era fotógrafo y sabía alemán. Pese a las adversidades, salió adelante y pudo sobrevivir a las pésimas condiciones del campo y a la dureza del invierno. Gracias a su experiencia como fotógrafo en Barcelona y en el frente, consiguió ser destinado al Erkennungsdienst o Servicio de Identificación. De esta manera, pudo librarse de estar confinado a los trabajos más duros, aquellos que hacían que la muerte estuviera más cerca.
    Republicanos deportados
    Boix se hizo amigo de una serie de deportados republicanos, como Antonio García Alonso o José Cereceda. Con ellos y otros presos trabajó en el laboratorio fotográfico, además de ganarse el favor de los guardias de Mauthausen gracias a favores. Por las manos de Boix y sus compañeros empezaron a pasar en el laboratorio las imágenes que reproducían la vida cotidiana de los integrantes de las SS en esa casa del terror: desde los momentos de descanso a la visita del todo poderoso Heinrich Himmler, así como los retratos de los jerarcas que gobernaban el campo con mano dura. Pero había más, mucho más, como eran las imágenes de la muerte, es decir, el asesinato indiscriminado de inocentes.
    Mario Constante, uno de los camaradas del fotógrafo, explicó en el citado documental que «Boix un día [dijo]: “Oye, dile al Partido si le sería interesante el poder hacernos con los clichés de las fotos que hacen a los SS cuando matan a la gente”. Yo de momento me quedé un poco... Dije: “¿Para qué? ¿Y cómo sacarlas...?”». Constante rememoró que «preparamos el todo, que consistía en: Tiene que haber un español aquí, tiene que haber otro español aquí, otro aquí. Y uno tiene que pasar por debajo de las ventanas. Tenía que pasar a las once en punto por debajo de una de las ventanas y esperar ahí. Para esto estaban vigilando los otros, que si viene un SS se tiene que largar inmediatamente, porque entonces tendría que justificar por qué estaba allí. Y entonces yo le estaba esperando ahí. Y como Boix y García –prosigue– saben que están allí, entonces, ellos descuelgan el paquetito de negativos, que caería al suelo, pero que, según me dijo Lafuente, lo cogió con las manos antes de que cayera al suelo. Entonces lo pasa a la desinfección, porque estaba toda la ropa sucia de los prisioneros y demás. Y ellos lo guardan hasta que todo el equipo del PC que está en la carpintería ellos pasan, como si fueran a ver la ventana, que hay que cambiarla, etc., y lo pasan a la desinfección. Y Razola le entrega el paquetito a los carpinteros». Es lo que hoy se guarda en el museo.