divendres, 2 de setembre de 2016

Envoyés spéciaux de la guerre d’Espagne

http://www.monde-diplomatique.fr/2016/08/MATHIEU/56072



Plongée dans des archives inexplorées


Il y a quatre-vingts ans, un coup d’État militaire précipitait l’offensive contre la République espagnole. Très vite, la presse française allait dépêcher sur place ses reporters et publier les observations de militants : communistes, socialistes, anarchistes. (Re)lire leurs textes offre une immersion dans un moment politique hors du commun, lorsque l’espoir le disputait à l’inquiétude.
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José Luis Rey-Vila dit Sim. – « Brothers in Battle » (Frères d’armes), 1936
Private Collection - Bridgeman Images
«Den haut, dans le ciel, savait-on seulement si on était en France ou en Espagne ? » Ainsi s’interroge, dans l’avion qui l’emmène de Marseille à Barcelone, le 30 juillet 1936, l’envoyée spéciale du Petit Parisien, un quotidien d’information populaire qui compte parmi les « cinq grands » de l’entre-deux-guerres. Andrée Viollis est l’une des journalistes les plus célèbres de l’époque et la plus aguerrie des reporters français présents sur le sol ibérique après le coup d’État. Elle y restera, pour ce premier séjour, jusqu’à la fin août.
Depuis février 1936 et la victoire du Front populaire aux élections législatives, un vent d’espoir soufflait sur l’Espagne. Mais, après plusieurs mois de tension, le choc prévisible arriva : un coup d’État militaire. Une insurrection éclate au Maroc espagnol le 17 juillet, puis gagne la péninsule le 18. Des villes tombent aux mains des « rebelles » ; d’autres résistent, dont Madrid et Barcelone. Des reporters français de toutes tendances politiques sont rapidement envoyés de l’autre côté des Pyrénées : des journalistes socialistes, communistes, radicaux, libertaires… Certains y retourneront jusqu’à la chute de la République, en avril 1939.
Les suivre en ce début de conflit, confronter leurs écrits, c’est appréhender le début de la guerre d’Espagne avec leurs yeux ; c’est se rendre compte combien leurs positionnements idéologiques étaient mis en sourdine, du fait notamment de la fascination similaire qui les animait. C’est enfin mesurer combien leurs récits étaient alors proches tout en dessinant les signes des divisions bientôt à l’œuvre. Que virent-ils ? Que ressentirent-ils en face de ce peuple debout ? Que voulaient-ils transmettre ?
Dans son reportage inaugural, Viollis joue sur la similarité des paysages de part et d’autre de la frontière. On retrouve ce jeu descriptif chez un autre reporter, arrivé dans d’autres conditions, les moyens des organes militants n’étant pas ceux de la « grande presse ». Jean-Maurice Hermann, signature du quotidien socialiste (...)
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