dissabte, 29 d’octubre de 2016

Reconnaissance tziganes. Communiqué ASEREF encore un effort monsieur le Président de la république










Encore un effort Monsieur le Président de la République
Après la reconnaissance de la responsabilité de la République française dans la souffrance des tziganes internés dans des camps,
à quand la reconnaissance des responsabilités et des fautes de la France à l’égard des républicains espagnols dès 1939 et envers la République espagnole dès 1936




Ce 29 octobre 2016 le Président de la République François Hollande a déclaré, en visite à Montreuil Bellay où se situait un camp où furent internés notamment des tziganes de 1940 à 1946, « La République reconnaît la souffrance des nomades qui ont été internés et admet que sa responsabilité est grande dans ce drame. » il dit notamment «Dès le 6 avril 1940, un décret de la République assigne à résidence les nomades, officiellement au nom des exigences de guerre. Mais ce décret était avant tout à cause d’une méfiance nourrie de peurs ancestrales, de préjugés et d’ignorance. (...) La République n'a tourné cette page qu'en mai 1946, voilà pourquoi nous sommes ici rassemblés pour ce 70e anniversaire.» et d’ajouter « Un pays, le nôtre, est toujours plus grand lorsqu'il reconnaît son histoire"
Donc après les arméniens et les Harkis le Président de la République, au nom de la République française, poursuivrait son travail de mémoire en reconnaissant aujourd’hui ses responsabilités dans l’internement de milliers de tziganes.
Il est temps que les choses soient dites, et c’est bien, la France doit regarder son histoire les yeux dans les yeux certes, mais pas seulement les périodes qui dérangent le moins la République. L’histoire des camps n’a pas commencée avec le gouvernement de Vichy mais bien avec celui de la Troisième République.
Alors, encore un effort monsieur le Président de la République puisque vous dites « un pays, le nôtre, est toujours plus grand lorsqu’il reconnait son histoire », encore un effort pour aller Vers la reconnaissance des responsabilités et des fautes de la France à l’égard des républicains espagnols dès 1939 et envers la République espagnole dès 1936.
L’association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol en France (ASEREF) que je représente vous a interpellé à ce sujet plusieurs fois ces dernières années. Nous attendons toujours cette reconnaissance.
Tous les historiens s’accordent aujourd’hui pour le dire, en 1936 la guerre d’Espagne est le prologue de la seconde guerre mondiale : la France refuse l’aide à la République espagnole agressée par Franco, Hitler et Mussolini, la France bloque les livraisons d’armes à l’Espagne républicaine, un pacte de non intervention signé également par l’Angleterre permet au fascisme international de vaincre la République espagnole. Plus tard Edouard Daladier, radical socialiste ancien ministre du Front populaire, Président du conseil, nomme Philippe Pétain ambassadeur de France auprès de Franco le 1er mars 1939, après les accords du 27 février Bérard Jordana, alors que la République espagnole poursuit ses combats. La France de ce fait porte une énorme responsabilité dans la défaite de la république espagnole en 1939. Non-assistance à République en danger pourrait-on dire.
En 1939 c’est encore la France de la troisième République, nous n’étions pas sous Vichy avec un gouvernement de collaboration avec Hiltler, quoique Edouard Daladier était signataire des accords de Munich en 1938 prémices de la collaboration. La France ouvre alors des camps de concentrations sur les plages du Roussillon notamment à Argelès sur mer, Saint Cyprien, le Barcarès plus tard des dizaines d’autres à travers la France et en Afrique du Nord.
Février 1939 près de 500 000 républicains espagnols militaires et civils entrent en France en traversant les Pyrénées. Plus de 200 000 sont internés dans ces camps de concentrations très rapidement plus de 15 000 d’entre eux vont y mourir faute de soins et à cause des maltraitances. Le gouvernement va soumettre les républicains espagnols à une surveillance intense, à des humiliations quotidiennes à une répression constante.
Que dire aussi des convois ferroviaires que la France remplissait de républicains espagnols qu’elle envoyait à Franco en sachant qu’à l’arrivée beaucoup d’entre eux seraient emprisonnés, torturés voire fusillés.
Le 3 septembre 1939 la France mobilise suite à la déclaration de guerre. Le gouvernement de la République va puiser dans les camps de concentration pour trouver la main d’œuvre bon marché qui allait remplacer les français dans les fermes, les usines et les mines.
Enfin, le gouvernement de Vichy va lui aller plus loin en faisant déporter des milliers d’espagnols vers les camps d’extermination nazis grâce au fichiers trouvés dans les préfectures par la police de Pétain, des fichiers mis en place par le gouvernement de la Troisième République française où les « rouges » comme on les appelaient alors, c’est-à-dire  les républicains espagnols, étaient fiches en fonction de leurs appartenances politiques.
Ces républicains espagnols pour ceux qui ont pu rester sur la terre de France dans ces années noires, ont été parmi les premiers à prendre les armes pour combattre l’occupant nazi, à entrer en résistance, à s’engager dans les force de la France libre. On les retrouve aux côtés d’autres résistants étrangers et français à la libération les armes à la main pour libérer Paris, Montpellier, Foix, Nîmes, Toulouse et des dizaines d’autres villes. Ils seront vite oubliés. Et si aujourd’hui on rend hommage aux républicains espagnols de la Nueve de la 2ème DB qui sont entrés dans Paris le 24 août 1944 c’est grâce à des associations comme la nôtre.  ASEREF avec d’autres associations est à l’origine de la présence du drapeau de la République espagnole le 25 août 2012 pour la première fois depuis 1944 lors des cérémonies de la libération de Paris.
Pour conclure nous réitérons notre demande au Président de la République la reconnaissance des fautes de la France à l’égard des républicains espagnols dès 1939 et envers la République espagnole dès 1936.
Eloi Martinez Monegal
Président de l’Association pour le Souvenir de l’Exil républicain Espagnol en France (ASEREF)
le 29 octobre 2016
Contact 06 62 76 70 31
              00 662 767 031



  ci-contre et ci-dessous Camp d'Argelès sur Mer Février 1939



Républicains espagnols déportés à Mauthausen


Républicains espagnols dans la résistance en France